Dans la PQR (Voix du Nord): Annay-sous-Lens: ces irréductibles de la cibi

À l’heure d’internet et des téléphones portables, ils sont encore une quinzaine à vivre leur passion de la cibi. Même si le radioguidage entre copains a presque disparu, ces passionnés assurent encore une mission essentielle : la sécurité des manifestations sportives ou municipales.

Claude Druelle (à droite), Eric Dervy (au centre) et Jean-Marc Follet (à gauche) sont incollables sur la cibi. PHOTO SEVERINE COURBE

Quand on vous parle cibi, vous pensez grande antenne, solidarité entre routiers et années 1980 ? À Annay, une quinzaine d’irréductibles continue de vivre leur passion pour les mégahertz, 32 ans après la création de leur association, Contact assistance cibistes.

Dans la région, pourtant, ils sont nombreux à avoir remisé au placard les postes fixes, les antennes et les micros. « Dans le bassin minier, il n’y a plus de clubs de cibistes à part nous », explique Jean-Marc Follet, le président. D’ailleurs, quelques essais sur le poste fixe de sa voiture, jeudi soir, ont échoué. Il n’y avait personne derrière les ondes. Sa cibi peut pourtant capter jusqu’à 30 kilomètres à la ronde…

Internet, GPS et téléphones portables ont tué le radioguidage entre routiers et automobilistes. Alors, qui branche encore sa cibi aujourd’hui ? « Maintenant, les amateurs de cibi, c’est beaucoup de radioamateurs, détaille Claude Druelle, secrétaire de l’association et ancien routier. Des chauffeurs routiers cibistes, il y en a de moins en moins. Il y a encore quelques étrangers à en faire pour le plaisir. » Quelques retraités sont aussi encore à l’écoute.

Réquisitionnés pour les sinistres

Au sein du club, les cibis chauffent pendant les manifestations sportives ou municipales : courses cyclistes, marathon, marchés de Noël… Les bénévoles se chargent de la sécurité sur les circuits, un poste capital. « Les cibis nous servent à communiquer entre nous. Ça va plus vite que les téléphones portables et c’est moins dangereux. » En cas de gros sinistre, ils sont aussi réquisitionnés.

Jean-Marc Follet et Claude Druelle se souviennent bien des grandes heures de leur loisir préféré. « Avant, je faisais partie d’un club à Béthune, relate Claude Druelle, son téléphone portable à portée de main. On avait un concours, c’était celui qui avait un contact le plus loin. Il y en a un qui a fait l’Alaska ! »

Les deux amis pouvaient aussi passer « des heures » à se parler via la cibi. Ils utilisaient leur propre canal, pour ne pas être écoutés. Pour mieux capter, les cibistes de l’époque avaient aussi des « Tontons », des amplificateurs de fréquence, qui permettaient de passer de 6 watts à 15-20 watts. « Ce n’était pas autorisé, mais c’était vendu. » Au hasard des canaux, les cibistes pouvaient aussi tomber sur la police, les pompiers… ou le téléphone de leur voisine.

Aujourd’hui, le matériel s’est miniaturisé et sophistiqué. Les forces de l’ordre sont passées aux communications numériques et la voisine a acquis un téléphone portable. Sonnant la (presque) fin de la cibi.
Parlez-vous cibi ?

L’univers de la cibi possède ses codes et son vocabulaire. On a répertorié quelques expressions :

Citizen-band : le nom complet de la cibi.

Mégahertz : la fréquence d’ondes utilisée avec leurs appareils.

Radioamateur : le radioamateur dispose d’une licence, utilise d’autres fréquences. Il a un matériel plus puissant que le cibiste.

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