Dans la PQR: « Je peux émettre jusqu’à Paris ou la Normandie »

Source: SUD-OUEST – Radioamateur, Claude est à ne pas confondre avec un cibiste, un utilisateur de CB (citizen-band). La pratique de ce dernier est libre et limitée à cause de son matériel, tandis que le premier est strictement encadré du fait du fort potentiel de son appareillage. (photo Alain Guilbaud)

Impossible de louper cette maison sur l’avenue des Villas. Son jardinet et sa toiture sont hérissés d’une multitude d’antennes de toutes les formes et toutes les hauteurs possibles. On imaginerait volontiers une planque de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ou d’un autre service de renseignement top secret.

Il n’en est rien. Cette maison appartient à Claude Chastenet, un radioamateur passionné depuis plus d’une trentaine d’années. Un hobby familial : la maison voisine de Marcel, son frère, est également dotée de plusieurs antennes.

Fabrication sur mesure

C’est dans une petite pièce sise derrière son garage que Claude écoute, regarde et émet des images télévisées. Dans un peu moins de 3 m2, des dizaines d’appareils curieux, d’oscillateurs, d’écrans de contrôle sont empilés.

« Je les ai presque tous fabriqués moi-même, souvent avec de vieux téléviseurs ou d’anciens ordinateurs dont je récupérais les composants. Je les trouve aussi sur des salons pour radioamateurs. »

Posée sur une étagère, on peut ainsi admirer une antenne parabolique faite « avec un abat-jour Ikea ». Une de ses autres fiertés est cet ancien radiotéléphone transformé « en émetteur télé numérique ».

Avec son matériel, Claude peut émettre « jusqu’à Paris ou en Normandie, mais j’habite dans la plaine. Cela serait complètement différent si je résidais sur les coteaux de Beaupuy ».

Cette dextérité à manier le fer à souder, Claude l’a acquise lorsqu’il était électromécanicien. Mais sa passion pour le radioamateurisme remonte à son service militaire où il était chauffeur du camion radio : « Un militaire en profitait pour y faire du radioamateur. »

Mais c’est une dizaine d’années plus tard qu’il se lance, en 1978. « Mon frère qui en faisait un peu m’a convaincu de me lancer. » Ce qu’il fait en passant un examen d’aptitude qui lui donne le droit d’émettre et recevoir des ondes radios. « En plus, chaque année, je paie une sorte de redevance. »

Car son passe-temps est sévèrement encadré. « Nous n’avons à notre disposition que quelques ondes qui ne sont pas utilisées par les radios commerciales, des professionnels ou la sécurité publique. »

Ainsi, pour lui, pas question d’écouter les messages de la gendarmerie ou des pompiers. « En revanche, si je capte un appel de détresse d’un avion ou d’un bateau, j’alerte immédiatement les services de l’État, par civisme. »

Moins sulfureux, son truc est de recevoir ou émettre en télévision. Mais il ne faut pas s’imaginer une production commerciale. Non. Son image est juste une mire sur laquelle est écrite son immatriculation : F1FDG.

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